Trois jours à Aix-en- Provence avec Inès
Il y a des villes qui se visitent et d'autres qui se vivent. Aix-en-Provence appartient à la seconde catégorie : on y marche lentement, on s'y arrête souvent, et l'on finit par calquer son rythme sur celui des fontaines. Inès y est partie trois jours, un sac de voyage pour seul bagage.
Jour 1 — Les premiers pas sur le Cours Mirabeau
Arrivée en fin de matinée, le temps de déposer ses affaires et de rejoindre le Cours Mirabeau. À cette heure, la lumière passe à travers les platanes et dessine des taches claires sur les façades du XVIIe. Inès s'installe en terrasse, sort son carnet, et laisse défiler la ville. « Le premier jour, je ne planifie jamais rien. Je marche, et je vois. »
Jour 2 — Marchés du matin et ateliers d'artisans
Place Richelme, dès sept heures, les étals s'installent. Fruits, olives, savons, tissus imprimés : c'est le moment où la ville est la plus vraie. Inès y remplit sa pochette de trouvailles, puis remonte vers les rues étroites du quartier Mazarin, où subsistent quelques ateliers de cuir et de reliure. Des gestes lents, précis, familiers — les mêmes que ceux de nos ateliers.
Jour 3 — L'atelier de Cézanne et la route du retour
Dernière matinée sur les hauteurs, à l'atelier des Lauves, là où Cézanne peignait la Sainte-Victoire. La montagne est au fond, exactement comme sur les toiles. Puis le retour, sac à l'épaule, avec cette sensation particulière des voyages courts : rien n'a été fait dans l'urgence, et tout a été vu.
Ce qu'il y avait dans son sac
Trois jours tiennent dans peu de choses : deux tenues, une paire de chaussures de rechange, une trousse de toilette et un carnet. Le reste — la place pour les trouvailles du marché — c'est ce qui compte le plus au retour.










